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Les justificatifs de charges que le locataire peut consulter

L'équipe Arca5 min de lecture
Illustration au trait : un classeur, une facture repérée par un onglet bleu et une loupe posée dessus ; titre « Les pièces justificatives »
Dans cet article

Le locataire peut exiger de voir les pièces qui fondent son décompte, et pour le chauffage les originaux. Ce que le bailleur doit tenir prêt.

Un décompte de charges n'est pas une facture qu'on accepte sur parole. Le locataire paie des « dépenses effectives » (art. 257b al. 1 CO) ; la loi lui donne donc le moyen de vérifier qu'elles l'ont été. Pour le bailleur, cela se prépare avant l'envoi du décompte, pas le jour où la demande arrive.

Le droit de consulter les pièces

Art. 257b al. 2 COLe bailleur doit, à la demande du locataire, lui permettre de consulter les pièces justificatives.

Trois choses découlent de cette phrase. Le droit naît d'une demande : le bailleur n'a pas à joindre toutes les factures au décompte. Il porte sur les pièces justificatives, c'est-à-dire ce qui prouve la dépense et son montant — factures de combustible, de conciergerie, d'électricité des communs, décisions de taxes. Et le texte ne l'assortit d'aucune condition de délai ni de frais.

L'art. 257b al. 2 CO ne distingue pas selon le mode de perception des charges. Au forfait aussi, gardez donc les pièces des trois exercices qui fondent la moyenne exigée par l'art. 4 al. 2 OBLF.

Pour le chauffage, l'ordonnance va plus loin

Art. 8 al. 2 OBLFLe locataire ou son mandataire dûment autorisé est admis à consulter les pièces justificatives originales et à demander des renseignements sur l’état des stocks de combustibles au début et à la fin de la période de chauffage.

Pour le chauffage et l'eau chaude, ce sont les originaux, et le locataire peut se faire représenter. La question des stocks n'est pas anodine : dans un immeuble chauffé au mazout, l'ordonnance vise « le combustible et l’énergie consommés » (art. 5 al. 2 let. a OBLF), pas la facture de livraison. Le calcul part du stock au début de la période, ajoute les livraisons et retranche le stock à la fin. Sans relevé de la citerne aux deux dates, vous ne pourrez pas répondre à la demande de renseignements que l'art. 8 al. 2 OBLF ouvre au locataire.

Calcul sur papier réglé : stock au début de la période 6’000 litres, plus livraisons 9’000 litres, moins stock à la fin 4’500 litres, égale 10’500 litres de combustible consommé
Chiffres fictifs. Sans les deux relevés de la citerne, seule la ligne du milieu est prouvée.
Art. 8 al. 1 OBLFLorsqu’un décompte détaillé des frais de chauffage et de préparation d’eau chaude ainsi que de leur répartition entre les locataires n’est pas remis au locataire avec la facture annuelle du chauffage, il y a lieu d’indiquer expressément sur la facture que le locataire peut exiger le décompte détaillé.

L'art. 8 al. 1 OBLF impose une mention, pas seulement un droit. Si le détail du chauffage et de l'eau chaude n'accompagne pas la facture annuelle, celle-ci doit dire expressément que le locataire peut l'exiger. Une facture qui ne joint pas ce détail et reste muette sur ce point ne respecte pas l'ordonnance.

Facture annuelle de chauffage et d'eau chaude type, annotée : la phrase « Vous pouvez exiger le décompte détaillé… » est la mention obligatoire de l'art. 8 al. 1 OBLF ; les pièces originales et l'état des stocks peuvent être consultés par le locataire ou son mandataire (art. 8 al. 2 OBLF)
Un document type, aux montants fictifs : la mention qui doit figurer sur la facture quand le détail n'est pas joint.

Organiser la consultation

L'art. 257b al. 2 CO parle de « permettre de consulter ». Il n'oblige pas le bailleur à envoyer des copies et ne fixe ni lieu ni forme. À Vaud, pour le chauffage et l'eau chaude : « Dès l’expédition des décomptes, les justificatifs de l’exercice écoulé ainsi que les dispositions légales et les Directives pour l’établissement du compte annuel de chauffage et eau chaude sont tenus à la disposition des locataires chez le bailleur ou en un autre lieu proche de l’immeuble » (art. 30 al. 3 RULV). En pratique, deux voies coexistent : proposer une date pour consulter les pièces, ou transmettre des copies du poste qui fait question. La seconde règle souvent la demande plus vite, et laisse une trace de ce qui a été montré.

Ce qui compte, c'est que la demande reçoive une réponse. Un bailleur qui réclame un solde tout en laissant sans suite une demande de consultation se place en porte-à-faux : le locataire n'a alors aucun moyen de vérifier ce qu'on lui demande de payer.

Ce qu'il faut tenir prêt

Pour chaque poste du décompte, une pièce doit permettre de remonter du montant imputé à la dépense réelle. La liste ci-dessous correspond aux postes les plus courants ; votre bail dit lesquels vous concernent.

PostePièce qui le justifie
Chauffage au mazoutFactures de livraison, relevés du stock au début et à la fin de la période
Chauffage à distance, gaz, électricitéFactures du fournisseur pour la période
Eau chaudeFactures d'énergie, et la clé qui sépare chauffage et eau chaude si elle existe
ConciergerieContrat, décomptes de salaire ou factures de l'entreprise
Électricité des parties communesFactures du fournisseur
Taxes liées à l'usageDécisions ou factures de la commune ou du service
RépartitionSurfaces, pièces ou quote-parts qui fondent chaque clé

La dernière ligne est souvent oubliée. Un locataire qui vérifie son décompte ne conteste pas seulement le total de l'immeuble ; il vérifie aussi que sa surface ou sa quote-part est la bonne, et que la somme des parts retombe sur le total.

Liste de contrôle avant d'envoyer le décompte : classer la facture de chaque poste, relever la citerne aux deux dates, réunir surfaces et quote-parts, dire qu'on peut exiger le détail du chauffage, prévoir où consulter les pièces

Une référence de pièce par poste, les factures classées par bail

Le décompte PDF qu'Arca produit pour chaque locataire rappelle son droit de consulter les pièces justificatives (art. 257b al. 2 CO). Dans le décompte détaillé préparé depuis l'éditeur de documents, chaque poste a sa colonne « Justificatif », où vous inscrivez la référence de la pièce ; et la mention de l'art. 8 al. 1 OBLF s'imprime par défaut, remplacée seulement si vous déclarez joindre le détail du chauffage.

Côté pièces, chaque dépense saisie dans Finances a un champ Description pour le numéro de facture, et le coffre-fort accepte des documents de type « Facture », rattachés à un objet, un bail ou un locataire. Le bucket est privé et chaque téléchargement passe par un lien signé de courte durée. Arca n'envoie ni le décompte ni les pièces au locataire : c'est vous qui organisez la consultation.

Coffre-fort de documentsLes pièces classées par objet, par bail et par locataire.Décompte de chargesLe décompte par locataire, poste par poste.

Questions fréquentes

Le bailleur doit-il joindre les factures au décompte ?

Non. Le droit de consulter naît d'une demande du locataire (art. 257b al. 2 CO) : le bailleur n'a pas à joindre toutes les factures au décompte.

Le bailleur doit-il envoyer des copies des pièces ?

La loi parle de « permettre de consulter » : elle n'oblige pas à envoyer des copies et ne fixe ni lieu ni forme. Transmettre la copie du poste qui fait question règle souvent la demande plus vite.

Que peut exiger le locataire pour le chauffage ?

Les pièces justificatives originales, et des renseignements sur l'état des stocks de combustibles au début et à la fin de la période de chauffage ; il peut se faire représenter (art. 8 al. 2 OBLF).

Que doit indiquer la facture annuelle de chauffage ?

Si le décompte détaillé du chauffage et de l'eau chaude n'y est pas joint, elle doit indiquer expressément que le locataire peut l'exiger (art. 8 al. 1 OBLF).

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