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Loyer impayé : la mise en demeure de l'art. 257d CO, étape par étape

L'équipe Arca5 min de lecture
La façade d'un immeuble de nuit, en bleu, où une seule fenêtre est éclairée ; titre : « Loyer impayé — la mise en demeure, étape par étape », art. 257d CO
Dans cet article

Trente jours pour payer, puis un congé pour la fin d'un mois : la procédure qui permet de résilier un bail pour loyer impayé, et les erreurs qui rendent le congé nul ou inefficace.

Un loyer impayé ne permet pas de résilier le bail du jour au lendemain. Le bailleur doit d'abord envoyer une mise en demeure écrite qui laisse au locataire un délai pour payer — trente jours au moins pour un logement ou un local commercial — puis, seulement si rien n'est payé dans ce délai, donner congé pour la fin d'un mois (art. 257d CO).

Chaque étape a sa forme et son délai. Voici l'ordre à suivre, et les erreurs qui rendent le congé nul ou inefficace.

Un rappel amiable suffit-il ?

Non. Beaucoup de bailleurs commencent par un rappel amiable, par e-mail ou par lettre, et c'est souvent ce qui règle un simple oubli. Mais un rappel amiable, sans délai de paiement ni annonce de résiliation, n'est pas une mise en demeure au sens de l'art. 257d CO.

Il ne fait pas courir le délai de trente jours et ne permet pas, à lui seul, de résilier le bail. Si le loyer reste impayé, la mise en demeure est un courrier distinct, avec son propre contenu obligatoire.

Comparaison entre le rappel amiable, facultatif, et la mise en demeure de l'art. 257d CO. Forme : libre, e-mail ou lettre, contre écrite obligatoirement. Délai : aucun délai légal, contre 30 jours au moins. Résiliation : jamais annoncée, contre annoncée à défaut de paiement. Effet : le rappel ne permet pas, seul, de résilier ; la mise en demeure ouvre le congé si rien n'est payé

Étape 1 : que doit contenir la mise en demeure ?

Deux choses, par écrit. Le bailleur fixe au locataire un délai de paiement, et il l'avertit qu'à défaut de paiement dans ce délai, il résiliera le bail. Pour un logement ou un local commercial, ce délai est de trente jours au moins.

Pour le logement de la famille, la lettre est envoyée séparément au locataire et à son conjoint ou partenaire enregistré (art. 266n CO) : deux lettres, deux envois.

Art. 257d al. 1 COLorsque, après la réception de la chose, le locataire a du retard pour s'acquitter d'un terme ou de frais accessoires échus, le bailleur peut lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu'à défaut de paiement dans ce délai il résiliera le bail. Ce délai sera de dix jours au moins et, pour les baux d'habitations ou de locaux commerciaux, de 30 jours au moins.

Le délai de trente jours court dès la RÉCEPTION de la lettre, pas dès son envoi : le jour où le locataire la retire à la poste, ou au plus tard le 7e jour du délai de garde s'il ne la retire pas (ATF 140 III 244). Envoyez-la en recommandé et gardez la preuve de distribution.

Schéma de décision. Loyer échu, impayé : un rappel amiable est possible. Puis la mise en demeure écrite, avec 30 jours au moins et la résiliation annoncée. Le délai court dès la réception, au plus tard le 7e jour de garde. Payé dans le délai ? Oui : le bail continue, pas de congé pour ce retard. Non : congé possible, sur formule officielle, 30 jours au moins, pour la fin d'un mois

Étape 2 : quand et comment donner le congé ?

Si le montant n'est pas payé à l'échéance du délai, le bailleur peut résilier le bail. Pour un logement ou un local commercial, le délai de congé est de trente jours au moins, pour la fin d'un mois.

Le moment compte : le congé ne peut parvenir au locataire qu'à partir du lendemain de l'échéance du délai de paiement. Et il se donne sur la formule officielle agréée par le canton (art. 266l al. 2 CO) ; pour le logement de la famille, il est lui aussi communiqué séparément au conjoint ou au partenaire enregistré (art. 266n CO).

Art. 257d al. 2 COFaute de paiement dans le délai fixé, le bailleur peut résilier le contrat avec effet immédiat; les baux d’habitations et de locaux commerciaux peuvent être résiliés moyennant un délai de congé minimum de 30 jours pour la fin d’un mois.
Frise des délais de la mise en demeure, pour un logement ou un local commercial. Envoi en recommandé, puis 7 jours de garde postale au plus. Réception, au retrait ou le 7e jour de garde : 30 jours au moins pour payer, le délai court dès la réception et pas dès l'envoi. Congé, au plus tôt le lendemain de la fin du délai : 30 jours au moins, sur formule officielle, le bail prend fin pour la fin d'un mois

Quelles erreurs rendent le congé nul ou inefficace ?

  • Un congé qui parvient au locataire avant l'expiration du délai de paiement : il est inefficace (TF 4C.124/2005).
  • Un congé qui n'utilise pas la formule officielle agréée par le canton (art. 266l al. 2 et 266o CO) : il est nul.
  • Une mise en demeure qui n'annonce pas la résiliation en cas de non-paiement : l'art. 257d al. 1 exige cet avertissement.
  • Pour le logement de la famille, une mise en demeure ou un congé qui n'est pas communiqué séparément au locataire et à son conjoint ou partenaire enregistré (art. 266n CO).

Un congé nul ne produit aucun effet : le bail continue, et un nouveau congé devra être donné, pour un terme plus lointain.

Liste de contrôle « Avant d'envoyer le congé », deux points vérifiés sur quatre : la mise en demeure annonçait la résiliation (art. 257d al. 1 CO, exigé par la loi) ; le délai de paiement est expiré (un congé reçu trop tôt est inefficace, TF 4C.124/2005) ; le congé est sur la formule du canton (sinon nul, art. 266l al. 2 et 266o CO) ; logement de la famille, deux envois, au locataire et à son conjoint ou partenaire (art. 266n CO)

La date limite calculée, la mise en demeure préparée

Un loyer dont l'échéance est passée sans aucun paiement est marqué « En retard » dans la liste des loyers, et l'agenda des échéances en fait une ligne « Loyer impayé » qui rappelle la marche à suivre : la mise en demeure d'abord, le congé ensuite, sur la formule du canton.

Arca prépare la mise en demeure remplie depuis le bail. Vous indiquez le jour où vous déposerez le recommandé : Arca ajoute les sept jours de garde postale, puis les trente jours de la loi, et vous donne la date limite de paiement au plus tôt. Il vous demande aussi s'il s'agit du logement de la famille ; si oui, il faut deux lettres, deux plis recommandés.

Arca ne produit pas la formule de congé du bailleur : il vous indique quelle formule officielle votre canton exige. Arca prépare : c'est vous qui signez et qui envoyez.

Lettres et modèlesLa mise en demeure pré-remplie, et la bonne formule officielle par canton.ÉchéancesLes délais calculés avant qu'ils tombent.

Questions fréquentes

Peut-on résilier le bail dès qu'un loyer est impayé ?

Non. Le bailleur doit d'abord fixer par écrit un délai de paiement, de trente jours au moins pour un logement ou un local commercial, en avertissant qu'à défaut de paiement il résiliera le bail (art. 257d al. 1 CO). Seulement si rien n'est payé dans ce délai, il peut donner congé avec un délai de trente jours au moins, pour la fin d'un mois (art. 257d al. 2 CO).

Quand commence le délai de trente jours de la mise en demeure ?

À la réception de la lettre, pas à son envoi : le jour où le locataire la retire à la poste, ou au plus tard le 7e jour du délai de garde s'il ne la retire pas (ATF 140 III 244). Envoyez-la en recommandé et gardez la preuve de distribution.

Faut-il aussi écrire au conjoint du locataire ?

Oui, s'il s'agit du logement de la famille : la mise en demeure et le congé sont communiqués séparément au locataire et à son conjoint ou partenaire enregistré (art. 266n CO).

Que se passe-t-il si le congé n'est pas donné sur la formule officielle ?

Il est nul (art. 266l al. 2 et 266o CO) : il ne produit aucun effet, le bail continue, et un nouveau congé devra être donné, pour un terme plus lointain.

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